Le Bitcoin et le S&P 500 réagissent tous deux à la liquidité de la Fed, mais avec un calendrier, une amplitude et un profil de reprise différents. Voici le cycle de liquidité en quatre phases, les données historiques de chaque actif de 2018 à 2026, et lequel est le meilleur pari à chaque phase.
Les cycles de liquidité de la Fed ne sont pas un binaire abondant/tendu. Ils comptent quatre phases. Phase 1 : détente maximale — taux zéro, QE plein, prix d’actifs en surchauffe. Phase 2 : transition vers le resserrement — les hausses commencent, le QT démarre, les prix se retournent. Phase 3 : tension maximale — taux proches du terminal, poids cumulé du QT à son maximum, formation des creux. Phase 4 : pivot vers la détente — la Fed devient accommodante, la plomberie se détend, la reprise s’amorce.
Chaque phase a duré entre 6 mois et 3 ans dans l’histoire récente. La séquence 2020-2026 : phase 1 (T4 2020 à T1 2022) → phase 2 (T2 2022 à T4 2022) → phase 3 (T1 2023 à T2 2024) → phase 4 (à partir du T3 2024). BTC et SPX réagissent tous deux, mais de façons caractéristiquement différentes.
Quand la Fed est à taux zéro et étend activement son bilan, le dollar marginal descend la hiérarchie du risque et le BTC en occupe l’extrémité. Du creux COVID au sommet de fin 2021, le BTC est passé de 5 000 à 69 000 dollars (+1 300 %). Le SPX de 2 200 à 4 800 (+118 %). Ratio de surperformance du BTC : environ 11x.
Le mécanisme : en phase de détente maximale, l’acheteur marginal cherche désespérément du rendement. Le SPX capte le flux institutionnel, le BTC le flux particulier et de longue traîne, plus l’adoption institutionnelle. Plus la phase 1 dure et plus la liquidité est abondante, plus le BTC surperforme. Le positionnement en phase 1 : surpondérer le BTC face au SPX.
Dès que la Fed signale un resserrement, le BTC forme son sommet en premier (précédant parfois le SPX de 2 à 4 semaines). Raison : l’acheteur marginal du BTC est davantage guidé par le sentiment et se retire plus vite face à l’incertitude de politique. Le sommet du BTC au T4 2021 a précédé celui du SPX au T1 2022 d’environ 6 semaines.
Pendant la phase de baisse, le BTC chute plus vite et plus profondément que le SPX. 2022 : BTC −77 % depuis le sommet, SPX −27 %. Le ratio de baisse est constamment de 2,5 à 3x. Mais le BTC touche aussi son creux plus tôt — le plus bas du BTC en 2022 (environ 15 500 dollars, novembre) n’a suivi le plus bas du SPX (environ 3 500, octobre) que de quelques semaines, et sa remontée fut bien plus rapide. Le positionnement en phase 2 : sous-pondérer les deux, mais sortir du BTC en premier s’il faut choisir.
Quand la tension est à son maximum (taux au pic, QT prolongé), les comportements du BTC et du SPX divergent. Le SPX continue d’évoluer latéralement ou de baisser, plombé par la compression des marges et la crainte de récession. Le BTC commence à flairer le pivot à venir — historiquement, il gagne 50 à 100 % depuis ses plus bas absolus pendant la phase 3, alors même que le SPX reste en range ou recule.
L’exemple 2023 : le BTC est passé de 16 000 à 44 000 dollars (+175 %) sur l’année, tandis que le SPX passait de 3 800 à 4 600 (+21 %). Ratio de surperformance du BTC en phase 3 : environ 8x. Le mécanisme : le cycle de levier du BTC s’est réinitialisé (les longs surendettés ont été liquidés en phase 2), et tout relâchement des signaux de plomberie (normalisation du SOFR-IORB, resserrement des spreads high yield) déclenche une demande rapide de BTC. Le positionnement en phase 3 : commencer à accumuler du BTC de façon agressive.
Une fois le pivot accommodant acté, le SPX monte en premier car les institutions peuvent immédiatement basculer du cash vers les actions. Le BTC suit avec un décalage de quelques semaines à quelques mois, puis finit par surperformer. Du pivot de fin 2024 au début 2026 : SPX +35 %, BTC +180 %. Le SPX mène au jour le jour, mais le BTC rattrape et dépasse à l’échelle trimestrielle.
Le mécanisme : la phase 4 est essentiellement une phase 1 qui se reforme. Dès que cela devient le récit consensuel, les mêmes dynamiques de hiérarchie du risque reviennent. Le positionnement en phase 4 : être long sur les deux, avec une surpondération progressive du BTC à mesure que la phase mûrit.
Un cadre simple : phase 1 = BTC au maximum, phase 2 = cash et obligations courtes au maximum, phase 3 = accumuler du BTC, phase 4 = long équilibré sur les deux avec un biais BTC. Votre position dans le cycle se déduit du score DLI ainsi que des signaux SOFR-IORB et HY OAS sur DollarLiquidity.com.
Point crucial : il s’agit de la FORME du motif historique, pas d’une garantie. Les cycles de 2018, 2020 et 2022-2024 l’ont tous suivi. Un cycle donné peut être plus long, plus court ou de forme différente. Le cadre sert à s’orienter, pas à caler un timing exact — combinez-le avec votre propre jugement sur les valorisations, les tendances sectorielles et les flux d’ETF.
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